Retour sur la cérémonie du 1er juillet 2019 « Discours de nos Ministres ».

Extrait du site ALLO 18 le Mag  n’hésitez pas à le consulter.

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DISCOURS DE M. LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

Madame la ministre, chère Florence,

Monsieur le secrétaire d’Etat, cher Laurent,

Monsieur le préfet de police,

Mon général, gouverneur militaire de Paris,

Monsieur le préfet, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises,

Madame la maire,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les élus,

Mon général, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris,

Mesdames et messieurs les officiers généraux,

Officiers, sous-officiers, gradés et sapeurs de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris,

Mesdames et messieurs,

Une sonnerie.

Une sonnerie qui retentit et qui indique l’heure du courage.

Une sonnerie qui marque le début du combat, le début du devoir.

Mesdames et messieurs,

Cette sonnerie qui résonne, c’est votre quotidien. C’est votre engagement, l’engagement des héros de la Brigade, prêts à décaler pour affronter le feu, prêts à faire face au péril, prêts à donner leurs vies pour sauver les Français.

Aujourd’hui est un jour particulier, car aujourd’hui, une nouvelle fois, la Brigade rentre dans l’histoire.

Depuis plus de 200 ans, la Brigade intervient partout, sauve partout. Elle crée un lien unique avec Paris, en connaît les moindres recoins. Elle a soutenu les parisiens pour chaque célébration. Elle a accompagné la capitale dans chaque drame.

Il y a bientôt 15 ans, rue de Provence, en avril 2005, vous avez bravé un feu terrible. Un feu meurtrier, le plus meurtrier depuis des décennies. Les flammes s’étaient emparées de l’hôtel Paris-Opéra. La mort fauchait, impitoyable, la vie de plus de 20 personnes parmi les plus démunies, de 20 personnes dont beaucoup étaient à l’orée de leurs vies.

Face à ce qui était une scène de guerre, vous n’avez pas flanché. Vous avez réalisé près de 60 sauvetages et maîtrisé l’incendie. Vous avez risqué vos vies et, ensemble, reçu pour la première fois cette médaille pour actes de courage et de dévouement à son échelon le plus noble.

Il y a quelques mois, c’était rue de Trévise, puis rue Erlanger que le devoir vous appelait.

Rue de Trévise, c’est une explosion qui menaçait tout un quartier et tout un pan de Paris qui aurait pu s’effondrer. Mais vous étiez là. Vous étiez là, protecteurs et précis, pour intervenir et mettre à l’abri.

Ce 12 janvier, vous avez sauvé une vingtaine de vie. Mais ce 12 janvier, vous avez perdu deux frères d’armes. Deux frères d’armes dont le souvenir nous habite et nous pousse encore.

Et comme le destin n’a pas de mémoire, quelques semaines plus tard à peine, c’est rue Erlanger qu’un incendie immense a détruit un immeuble entier.

Et là où chacun aurait rêvé de fuir, vous êtes, à nouveau, allés au devant du danger. Et vous avez sauvé, sauvé 64 vies.

Pour ces actes héroïques, j’ai eu l’honneur de remettre à votre drapeau, en mars, sa deuxième médaille pour actes de courage et de dévouement échelon or.

Et aujourd’hui, pour la troisième fois, cette distinction vous est remise.

C’était il y a quelques semaines, et pour beaucoup c’était hier.

C’était un peu de l’Histoire de la France qui se consumait. Un peu de notre l’humanité qui semblait condamnée.

Ce 15 avril, Notre-Dame brûlait.

La lutte a été longue, les moyens engagés majeurs. 500 sapeurs-pompiers, sous les ordres du général Gallet, qui ont combattu les heures durant.

Il était 18h50 quand l’alerte a sonné. Il était 2 heures du matin, quand les flammes se sont éteintes.

7 heures de combat, Notre-Dame était meurtrie mais elle était debout et c’est grâce à vous.

Vous avez risqué vos vies, à nouveau. Vous avez pris tous les risques, à nouveau. Vous êtes intervenus à temps et vous avez empêché la cathédrale de s’effondrer.

Vous avez sauvé Notre-Dame. Vous avez sauvé un peu de notre mémoire, de notre Histoire. Vous avez sauvé une part de l’âme de la France.

Alors le Président de la République a voulu rendre hommage à votre courage exceptionnel. Il a voulu vous rendre hommage, collectivement, à votre sens du devoir et à vos gestes héroïques.

Aujourd’hui, la Brigade devient la première unité, la seule unité, à s’être illustrée tant et tant qu’elle mérite de porter à son drapeau et à votre bras, la fourragère d’or  pour actes de courage et de dévouement.

Cette distinction, vous la méritez. Vous la méritez pour l’ensemble de vos gestes, l’ensemble de vos interventions, l’ensemble de votre engagement.

Cette distinction, la Brigade la mérite. Elle la mérite pour tous ceux qui sont tombés ou ont été blessés pour la servir. Elle la mérite pour ces deux siècles de service pour la capitale.

Car si vous êtes là, je n’oublie que c’est parce que vous êtes les héritiers d’une histoire.

Depuis plus de 200 ans, ceux qui étaient vos « pères d’armes » ont donné à la Brigade son excellence, ses lettres de noblesse. Ils ont conquis le cœur de Paris et l’on sauvé mille fois.

Ils n’ont jamais pensé à eux-mêmes. Ils ont servi pour les autres, et ils ont bâti la Brigade.

Aujourd’hui, cette histoire vous appartient et vous continuez à l’écrire.

Les uniformes ont évolué. Les méthodes se sont adaptées. Les modes de vie ont été révolutionnés.

Mais l’intensité des flammes, elle, ne varie pas.

Les dangers des sauvetages, de la propagation, eux, ne varient pas.

La douleur de la blessure, la souffrance de la perte, elles, ne varient pas.

Votre mission est toujours la même : sauver ou périr.

Une mission dont vous êtes les soldats dévoués, vigilants, irréprochables.

Une mission qui sonne comme un devoir, qui sonne comme une alarme à laquelle, toujours vous répondez.

Paris a besoin de ses soldats du feu. Elle connaît leur mérite.

La République a besoin de la Brigade.

Merci pour votre engagement, il est exceptionnel.

Vive la Brigade !

Vive la République ! Vive la France !

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DISCOURS DE MME LA MINISTRE DES ARMÉES

Monsieur le ministre, cher Christophe,
Monsieur le gouverneur militaire de Paris,
Mesdames et messieurs les élus,
Général,
Officiers, sous-officiers, gradés et sapeurs de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris,
C’était une des premières journées douces et chaudes que nous offrait le printemps. Paris baignée de lumière, ses monuments éclatant de splendeur, les rues s’offrent aux passants, les bords de Seine s’abandonnent aux flâneurs.
Et soudain, se produit l’impensable. L’inconcevable, ce qui n’avait été imaginé que dans les livres. De fines volutes de fumée s’échappent de Notre Dame de Paris. Elles s’échappent vers les cieux, comme irréelles, happées par le temps. Elles laissent bientôt voir les flammes qui s’emparent de la cathédrale la plus célèbre du monde.
La flèche s’embrase. Des centaines de Parisiens sont sortis dans la rue, ébahis, incroyablement silencieux face au tumulte des flammes. Face aux flammes qui dévoraient cette colossale symphonie de pierres, si chère à Victor Hugo, si chère à tous les Français.
Au milieu de l’effroi du drame, surgit l’espoir, tout l’espoir placé en vous. En votre courage et en votre excellence.
Le temps d’une soirée, le temps d’une nuit, le monde a eu les yeux rivés sur vous. « Les minutes nous ont paru longues… » exactement comme le disait le général Casso dans votre code d’honneur. Et nous vous pardonnons bien volontiers « votre apparente lenteur » car nous savons les risques que vous avez pris. Nous en connaissons tous le résultat : alors que les flammes montaient dans le ciel et que chacun craignait de voir s’effondrer l’édifice, vous avez sauvé les tours de Notre-Dame. Les flammes se sont tues, et c’est à chacune et chacun d’entre vous que nous le devons.
« Sauver ou périr », telle est votre devise. Si aucune vie humaine n’était directement en danger ce soir d’avril, ce n’est pas seulement des pierres que vous avez sauvées, ce sont des siècles d’histoire, c’est une part de notre humanité, une fraction de nos âmes.
Lorsque les Parisiens vous appellent les « soldats du feu », ils ne croient pas si bien dire : l’incendie de Notre-Dame démontre encore la richesse du statut si particulier de la Brigade de sapeur-pompiers de Paris. Intégrer la Brigade, c’est un choix double : vous êtes pompier mais vous êtes aussi militaires. Et c’est toute l’armée de Terre que vous élevez par vos qualités d’exception. Votre esprit de corps, votre abnégation et votre excellence opérationnelle sont autant d’atouts indispensables au service de la protection de notre capitale.
Votre général m’a confié que vous étiez collectivement prêts à faire face à un incendie de la même ampleur dès le lendemain 8h, alors que la façade Est de Notre-Dame étaient encore en proie aux dernières fumées. Votre résilience force le respect. Et si personne ne souhaiterait voir un tel enchainement de destruction, c’est une fierté, un soulagement et un réconfort pour nous tous de vous savoir si fiables, si robustes et si dévoués.
Cet engagement d’exception dont vous avez fait preuve cette nuit du 15 avril symbolise aussi tout ce que vous accomplissez, chaque jour de l’année, partout en Île de France. Je n’oublie ni ceux qui œuvrent dans l’ombre quotidiennement, ni ceux qui, ce même 15 avril, sauvaient des vies ailleurs dans Paris, ni vos familles qui vous voient « décaler » si souvent. Je souhaite aussi avoir une pensée pour vos frères d’armes de Sentinelle. Ils ont agi prestement dès que l’alerte a été donnée, ils ont sécurisé le parvis de Notre-Dame et mis à l’abri toutes les personnes à proximité.

 

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